La fertilisation des arbres fruitiers

19, 2015

CompostLes arbres fruitiers ont des besoins bien spécifiques en matière de fertilisation. Nous verrons ici les trois règles primordiales à respecter par rapport à la fertilisation des arbres fruitiers: ne jamais fertiliser après le 1er juillet, se méfier de l'apparence et l'utilisation de compost mûr uniquement.

 

 

 

Règle no.1 : Ne jamais fertiliser après le 1er juillet.

Il ne faut jamais, au grand jamais, fertiliser après le premier juillet à cause de l’aoûtement… L’aoûtement, comme son nom l’indique, se termine à la mi-août. Il s’agit de la lignification des jeunes rameaux des plantes ligneuses, c’est-à-dire, en français plus simple, du durcissement des nouvelles pousses de l’arbre. C’est durant cette période que le bois de l’année, vert, jeune et tendre, se transformera en bois solide et dur, capable de passer l’hiver. Si on fertilise l’arbre en juillet et en août, l’arbre continue de grandir et les nouvelles pousses n’ont pas le temps de se transformer en bois avant l’hiver.

Branche semi-aoûtée vs aoûtée

À gauche, la photo d’une nouvelle pousse qui a à peine commencé son aoûtement, on qualifie ce stade de semi-aoûté. À droite, la photo d’une pousse de l'année qui a complété son aoûtement. On voit bien que le bois est durci et n'est plus vert.

En effet, si on néglige l’aoûtement, on pourrait se causer beaucoup d’ennuis au printemps suivant. Le bois non aoûté risquera fort bien de geler durant les nuits froides de l’hiver. Vous vous retrouverez ensuite avec les pousses de l’année gelées et mortes, mais l’arbre sera toujours vivant. Si vous faites face à ce problème, il suffit de tailler les branches mortes au mois de mars. On remarque qu’une branche est morte à sa couleur, souvent noircie. Lorsqu’on la coupe au sécateur, on commence toujours par l’extrémité de la branche. Si l’intérieur de l’écorce n’est pas vert, on recoupe un centimètre plus bas, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on atteigne le bois vivant.

Notre arbre veut se préparer à l’hiver lorsque le mois d’août arrive. Cependant, si on le gave de fertilisants à cette période, il ne pourra faire autrement que de profiter de cet engrais pour produire des poussées superflues. C’est comme si, tout juste après un repas copieux, on vous servait un gâteau triple chocolat auquel vous ne pouviez résister même si votre estomac était bien plein… vous occasionnant ainsi une nuit de coliques interminables vous empêchant de dormir!

Règle no.2 : Méfiez-vous de l’apparence.

Un arbre qui est surnourri à l’azote sera splendide lors de l’achat. Malgré son très jeune âge, il sera très grand, très gros, avec beaucoup de branches. À vrai dire, il sera magnifique et vous le choisirez au premier coup d’œil. Attention! C’est de celui-là qu’il faut se méfier!

L’azote entraîne la croissance des jeunes arbres et de leur feuillage. L’excès d’azote entraîne la croissance excessive des jeunes arbres et de leur feuillage. Cette démesure a pour effet une poussée extrême qui ne donne pas le temps à l’arbre d’aoûter son bois, s’ensuivent donc des gelures en hiver. Nous avons vu des variétés de poiriers rustiques en zone deux avec des branches entièrement mortes après un hiver en zone quatre. Cela était justement dû à des arbres récemment achetés en centre jardin qui avaient été surengrane et tendre, se transformera en bois solide et dur, capable de passer l’hiver. Si on fertilise l’arbre en juillet et en août, l’arbre continue de grandir et les nouvelles pousses n’ont pas le temps de se transformer en bois avant l’hiver.

En effet, si on néglige l’aoûtement, on pourrait se causer beaucoup d’ennuis au printemps suivant. Le bois non aoûté risquera fort bien de geler durant les nuits froides de l’hiver. Vous vous retrouverez ensuite avec les pousses de l’année gelées et mortes, mais l’arbre sera toujours vivant. Si vous faites face à ce problème, il suffit de tailler les branches mortes au mois de mars. On remarque qu’une branche est morte à sa couleur, souvent noircie. Lorsqu’on la coupe au sécateur, on commence toujours par l’extrémité de la branche. Si l’intérieur de l’écorce n’est pas vert, on recoupe un centimètre plus bas, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on atteigne le bois vivant.

Notre arbre veut se préparer à l’hiver lorsque le mois d’août arrive. Cependant, si on le gave de fertilisants à cette période, il ne pourra faire autrement que de profiter de cet engrais pour produire des poussées superflues. C’est comme si, tout juste après un repas copieux, on vous servait un gâteau triple chocolat auquel vous ne pouviez résister même si votre estomac était bien plein… vous occasionnant ainsi une nuit de coliques interminables vous empêchant de dormir!

Règle no. 3 : Du compost mûr svp!

Évitez le fumier jeune, très riche en azote, afin de vous éloigner des problèmes mentionnés ci-haut. Évitez-le aussi parce qu’il risquerait de brûler les racines et même l’écorce de votre arbre. Choisissez un compost mature qui, en plus de nourrir votre fruitier, contribuera à retenir l’humidité et à stimuler la croissance des micro-organismes, en plus d’améliorer la structure du sol.

Le compost, on ne l’applique pas dans le trou de plantation, mais plutôt à la surface du sol. Chaque année, on en étend tôt au printemps directement au sol, de la largeur de la couronne de l’arbre, car les racines, croyez le ou non, s’étalent aussi largement que la couronne, parfois même plus. Pour les jeunes arbres, trois bonnes pelletées sont suffisantes, pour les arbres matures, on peut aller jusqu’à dix fois cette quantité. Ainsi, c’est la pluie qui distribuera graduellement les éléments du compost dans sol, puis aux racines. Sachez que des fruits gros, plein d’eau et qui ne se conservent pas indiquent un excès d’azote alors que des fruits trop petits sont généralement liés à une carence en potassium.

N’oubliez pas de désherber dans cette zone, car les plantes adventices auraient tôt fait de s’accaparer de tous les nutriments de votre compost, avant même que votre arbre n’ait pu y goûter! Si vous n’avez ni le temps, ni la patience d’effectuer cet entretien de désherbage, voici une technique fort efficace : après avoir appliqué votre compost, vous le recouvrez de deux ou trois épaisseurs de boîtes de carton épaisses, puis vous recouvrez celui-ci de quelques pelletées de paillis (bois raméal fragmenté, paille, etc.) à la surface pour empêcher le carton de s’envoler et pour apporter un peu d’esthétisme. Ce paillis aura l’avantage, en plus d’éradiquer les mauvaises herbes pour l’été, de retenir l’humidité du sol.


 

Donc, souvenez-vous : D’abord, on n’ajoute aucun amendement après le 1er juillet, ensuite, on se méfie des beaux gros arbres sur-azotés, car on ne veut pas des arbres gonflés, on veut des arbres en santé, finalement, on utilise un compost mûr.

Allez, à votre pelle et votre brouette! Il ne vous reste que peu de temps avant le premier juillet!