Comment planter un arbre à racines nues?

26, 2014

Planter un arbre à racines nuesVous vous questionnez sur les meilleures techniques pour planter un arbre à racines nues? La plupart des gens sont habitués de planter des arbres en pot, mais ils sont un peu confus lorsqu’ils se retrouvent devant un arbre à racines nues, c’est bien normal, les deux demandent différents types de plantation.

Commencez par visionner la capsule vidéo, des détails suivront dans le texte plus bas.

 

 

Planter un arbre, voilà une action que beaucoup de gens ont faite une fois dans leur vie. Parfois avec succès, parfois sans succès, affirmant ensuite qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas le pouce vert. Bien réussir la plantation d’un arbre ne relève pourtant ni de la magie ni de la chance, voici comment obtenir de bons résultats.

1.Planification

Planter un verger ou une forêt demande une bonne planification,  planter un seul arbre est beaucoup plus simple, mais il faut quand même vérifier quelques éléments. La première chose à regarder est l’ensoleillement. Trouvez une fiche descriptive de l’arbre que vous souhaitez implanter et vérifiez si vous avez un espace dont l’ensoleillement correspond à ce dont il a besoin. Il est inutile, par exemple, de planter un pommier qui a besoin d’un plein ensoleillement, dans un endroit ombragé. L’arbre sera maladif et ne donnera pas ou peu de pommes. Optez plutôt pour un amélanchier, par exemple, qui tolère bien l’ombre.

Le deuxième aspect à vérifier, tout aussi important, est le drainage du sol. Le sol est-il bien drainé ou reste-t-il détrempé en permanence? Si vous ne le savez pas, observez après une bonne pluie, est-ce que des flaques d’eau restent au sol pour plusieurs jours et vos pieds s’enfoncent comme dans la boue? Si oui, le sol est mal drainé, il faut alors vous assurer de choisir une espèce qui aime les milieux humides, ou encore d’installer un drain pour évacuer l’eau. Plusieurs espèces vont tolérer d’être inondées deux semaines au printemps lors de la fonte des neiges.

Finalement, il est aussi utile de regarder le pH du sol pour s’assurer qu’on ne se situe pas dans les extrêmes. Par exemple, s’il n’y a que des pins sur votre terrain, vous avez là un indice que votre sol est acide et qu’il sera préférable d’y implanter un arbre tolérant un pH acide. En observant quel type de mauvaises herbes poussent, vous pouvez généralement avoir une idée du degré d’acidité de votre sol. Si vous aimeriez être plus précis, il existe des pH-mètres ou des bandelettes de pH qui vous permettent de mesurer le pH exact de votre sol.

2. Choisir son arbre.

Une fois que l’on connaît les caractéristiques du milieu où l’on va planter, on peut décider de l’espèce que l’on va y implanter. Il faut ensuite choisir si on prend un arbre en pot ou un arbre à racines nues. On retrouve la plupart des arbres en pots dans les centres jardins pour accommoder les clients. En effet, c’est plus simple, car ils peuvent être plantés à n’importe quel moment durant l’été. Les arbres en pot ont cependant le désavantage d’avoir grandi dans un milieu restreint, dans du terreau plutôt que du vrai sol, et sont normalement nourris aux engrais chimiques dans les centres jardins, ce qui fait qu’ils s’adapteront difficilement en milieu sans engrais chimiques par la suite.

Les arbres à racines nues, eux, ont l’avantage d’avoir grandi naturellement dans un vrai sol et d’avoir ainsi pu développer leur racine pivot. Vous pouvez facilement commander de n’importe où au Canada puisqu’ils ne prennent pas de place et peuvent ainsi être envoyés par la poste à peu de frais. Le désavantage des arbres à racines nues est qu’ils doivent être transplantés à des moments bien précis, soit lorsque les arbres sont en dormance, c’est-à-dire très tôt au printemps dès que la neige fond, ou tard à l’automne lorsque les arbres ont perdu leurs feuilles.

3. Plantation

L’idéal est de planifier où sera planté chaque arbre en avance, et même de creuser les trous de plantation avant d’avoir les arbres, ce qui vous sauvera du temps et du stress. Si vous plantez un arbre en pot, il ne suffira alors que de retirer les racines du contenant et les déposer dans le trou. Si vous plantez des arbres à racines nues, il est primordial de protéger les racines contre la sécheresse. Il faut alors soit ouvrir votre paquet et déposer les racines des arbres dans une chaudière d’eau pour qu’elles ne s’assèchent pas, soit n’ouvrir le paquet que quelques secondes le temps de prendre un arbre puis le refermer. Certaines espèces pourraient mourir si les racines sont exposées une seule minute au soleil ou au vent. Il est important d’être rapide.

Lorsqu’on enterre les racines, on repère sur le tronc le collet, qui est le point de jonction entre les racines et le tronc, on peut voir un changement de couleur dans le tronc à cet endroit. Le collet devrait être au ras du sol, on ne l’enterre pas. Toutes les racines doivent être sous le sol, aucune ne doit sortir.

On n’ajoute pas de « bonne terre » ou de terreau dans le trou de plantation. Il est préférable d’utiliser la terre qui était déjà là et qu’on a retirée pour creuser le trou. Beaucoup de gens ont la fâcheuse habitude de creuser leur trou, puis d’ajouter de la « bonne terre » pour aider leur arbre. Le problème avec cela, surtout dans un sol moins bien drainé, est que le trou se transforme en piscine. Lorsque la pluie arrive, elle s’accumule dans la « bonne terre » du trou de plantation, ne pourra pas s’évacuer et noiera l’arbre.

4. Attention sol argileux ou mal drainé

Si vous plantez un arbre dans un sol argileux ou mal drainé, la meilleure technique de plantation consiste à creuser un trou afin d’ameublir le sol, puis d’y replacer la terre qui y a été prise. Ensuite, on étale les racines à l’horizontale à la surface du sol, puis on les recouvre avec de l’argile ou du sol qui prendra un peu plus loin sur le terrain, de façon à faire une butte au-dessus des racines. Ainsi, le jeune arbre ne pourra pas être noyé puisque ses racines sont situées au-dessus de la surface du sol. Puis, quand il grandira, l’arbre décidera lui-même de la profondeur et du bon chemin à emprunter pour diriger ses racines.

5. Arrosage

Une fois planté, l’arbre a besoin d’un arrosage abondant. Au printemps, il est important d’arroser deux fois par semaine pour le premier mois lorsqu’il ne pleut pas. L’arrosage doit être abondant ; plusieurs litres d’eau sont nécessaires. S’il s’agit d’une plantation d’automne, un seul arrosage lors de la plantation est suffisant. Au printemps suivant, la fonte des neiges et les pluies de printemps sont généralement suffisantes pour veiller au bon établissement de l’arbre, sauf en cas de sécheresse où il faudra arroser.

6. Compost, Tuteur, Spirale.

L’arbre devra être nourri chaque printemps, le mieux est du compost mûr à la surface du sol qu’on ajoute en mai. C’est la pluie qui le transportera aux racines tout au long de l’été. Un tuteur est aussi une excellente idée pour deux raisons. La première est que si votre arbre n’est pas tout à fait droit, vous pourrez le tendre vers le tuteur pour le redresser. La seconde, mais non la moindre, est qu’un arbre bien accroché à son tuteur sera beaucoup plus solide en hiver dans la neige et évitera qu’il ne se brise. En effet, lorsque la croûte de neige s’accroche au tronc d’un jeune arbre et que cette croûte baisse avec la fonte des neiges au printemps, elle emporte avec elle le tronc et le brise en plusieurs morceaux. Un tuteur donne de la solidité au jeune arbre et réduit de beaucoup les chances que celui-ci soit brisé à la fonte des neiges.

Si l’arbre que vous plantez est appétissant pour les mulots et les souris, comme c’est le cas des arbres fruitiers, c’est une bonne idée d’entourer le tronc d’une spirale protectrice en plastique qui le protégera des rongeurs. La spirale protectrice doit être posée à l’automne et être retirée au printemps.

7. Désherbage

Le désherbage est primordial, surtout lorsque les arbres sont jeunes, car les mauvaises herbes vont entrer en compétition avec l’arbre en se nourrissant de compost et de tous les nutriments du sol qui lui étaient destinés. Les racines des mauvaises herbes pourraient même arriver à étouffer le jeune arbre. Pour ceux qui souhaitent gagner du temps, une technique simple et efficace consiste à étaler de deux à trois épaisseurs de carton épais autour de l’arbre. N’ayant pas accès à la lumière, les mauvaises herbes existantes vont mourir et les autres ne pourront pas naître. On recouvre ces cartons de feuilles mortes qui composteront et enrichiront le sol à leur tour.

 

Voilà les sept règles de base qui vous permettront de réussir la plantation d’un arbre. Peu importe l’espèce que vous implantez, vous pouvez vous fier à ces bases qui sont universelles à tous les arbres.