Prunier

Le prunier cultivé chez soi donne un fruit dont la saveur est exceptionnelle. Le prunier est d’ailleurs très résistant au froid ce qui le rend un candidat parfait pour le climat nordique du Québec. Contrairement à la pomme ou à la poire, les prunes ne se conservent pas longtemps et doivent être consommées fraîchement cueillies, rapidement. Afin d’en vendre sur le marché, les producteurs doivent empiéter sur la qualité du fruit en le cueillant avant son mûrissement total. S’il attendait le plein mûrissement avant la cueillette, celui qui donne des fruits délicieusement sucrés, juteux et fondants, les prunes se retrouveraient abîmées ou écrasées sur les étalages. C’est donc pour avoir un fruit plus ferme qui peut être vendu en épicerie que les prunes sont cueillies avant leur mûrissement. Le problème est qu’une fois cueillies, les prunes ne développent plus leurs sucres. Une prune cueillie sur l’arbre lorsqu’elle est mûre à point est un régal inégalable. Malheureusement pour vous, vous ne serez plus capable de manger de « prunes de l’épicerie » après y avoir goûtée.

La classification des pruniers est très complexe, mais pour simplifier le tout ici, on dira que les pruniers divisent en trois grandes familles. Le prunier européen (Prunus domestica), le prunier américain (Prunus americana) et le prunier japonais (Prunus salicina).  La pollinisation, quant à elle, est d’autant plus complexe. Excepté s’il est autofertile, tout prunier devrait être planté avec un prunier noir (Prunus ingrat) à ses côtés afin d’obtenir une bonne pollinisation. Deux pruniers différents, tels que Grenville et Fofonoff, par exemple, ne produiront pas de bonne quantité de prunes s’ils sont plantés côtes à côtes sans prunier noir.

D’ailleurs, si vous avez déjà à la maison un prunier de plusieurs années qui ne produit pas de fruits, il y a de fortes chances que le problème soit la pollinisation. Ajoutez à ses côtés un prunier noir et vous réglerez sans doute le problème.

Malgré toutes ses qualités, le prunier a le défaut d’ouvrir ses fleurs très tôt au printemps, il arrive donc que celles-ci gèlent, car le froid est toujours présent. Lorsque cela se produit, il ne pourra pas y avoir de fructification. En moyenne, nous pourrions dire qu’une année sur trois est une très bonne année alors que les deux autres donnent peu de récoltes. Il y a cependant quelques trucs pour éviter le gel des fleurs, ce sera bientôt expliqué dans la section tutoriels. Certains microclimats sont plus propices à éviter ce genre de problèmes, par exemple les espaces près des étendues d’eau.

Un prunier mesurera de 4 à 5 mètres (13-16 pieds) à maturité, commencera à donner des fruits à l’âge de 6 ans et doit être planté à 4 mètres (12-15 pieds) de distance d’un autre prunier.